Boxer Evasion, le projet d'un père et ses 3 fils

Il y a des rencontres inspirantes et des projets qui font briller les yeux. Celui de Jacques Guers est de ceux là avec Boxer Evasion à Lille, où je l'ai rencontré, et à Valenciennes. Une vie de moto, de BMW et l'aventure de cette concession avec ses fils.
Par Jean-Michel Lainé le .

jacques guers dans sa concession bmw boxer evasion a lille
Jacques Guers dans sa concession BMW Boxer Evasion à Lille

Bien avant Boxer Evasion, la moto depuis toujours

Alors la moto j'ai commencé comme beaucoup gamin, à l'époque le permis moto c'était 16 ans et j'ai passé le permis moto à 16 ans et 2 jours un truc comme ça et j'ai toujours fait de la moto pendant mon adolescence et j'ai arrêté de faire de la moto quand je suis devenu père de famille, on a 5 enfants. J'ai arrêté la moto non pas parce que j'avais plus envie d'en faire mais parce que je voulais être capable de dire non à mes enfants s'ils me demandaient un jour d'avoir un scooter ou une moto. Et jusqu'à ce que le dernier soit majeur, j'ai jamais eu la question et j'ai jamais eu à dire non ce qui était plus facile pour moi. Et après quand ils sont tous devenus majeurs y compris les filles, ils se sont mis à avoir des motos ou des scooters. Quand je dis j'ai arrêté la moto c'est pas tout à fait exact, j'ai toujours gardé une 125 Honda SL, il y avait la orange et la verte moi j'avais la orange, que j'ai toujours. Je faisais 2 3 km comme ça l'été mais je ne roulais plus à moto.

De l'informatique à la concession moto par un heureux hasard

J'ai fait toute ma carrière dans un boite américaine d'informatique, rien à voir avec la moto, et j'avais toujours dans ma tête l'idée que je ne m'arrêterais pas de travailler pour prendre la retraite parce que je voulais garder une sorte d'activité, être en contact avec les affaires, mais je ne savais pas ce que j'allais faire. J'avais différentes pistes en tête, j'aime bien la bouffe, j'ai reniflé pas mal de business autour de la restauration, des lieux de vie un peu sympa, de la décoration intérieure... Je ne savais pas encore mais je voulais faire un truc dont l'activité me plaisait vraiment où il y avait de l'émotion. L'informatique c'est très sympa mais y'a pas beaucoup d'émotions même si la relation client c'est génial. Je voulais faire deux choses, être dans un petit business, une petite structure, et faire quelque chose qui me plaisait, où il y avait de l'émotion, mais je ne savais pas ce que ce serait et un jour complètement par hasard, j'étais redevenu client BMW et je vais voir mon concessionnaire à Boulogne, CO2, et Nicolas me dit  j'ai un bonjour à vous passer de quelqu'un que vous connaissez c'est le concessionnaire BMW de Bordeaux. . Je n'ai jamais mis les pieds dans la concession BMW de Bordeaux. Il revenait d'un voyage au Vietnam pour le GS Trophy où il avait rencontré son collègue de Bordeaux qui est un ancien de Xerox où j'ai bossé et comme j'y étais encore à l'époque et effectivement, ce concessionnaire est un ancien de Xerox que j'ai très bien connu et c'est comme ça que le lien s'est fait avec BMW. Je ne savais pas qu'il avait changé mais comme on se connaissait bien, on avait fait des marathons ensemble, j'ai appelé Lionel et j'ai passé une journée dans sa concession parce que j'adore la moto et puis en rentrant dans le zinc le soir je me suis dit  tu cherches une idée depuis 2 3 ans sur qu'est ce que tu feras le jour où tu seras à la retraite parce que je n'y étais pas encore à l'époque, mais c'est peut-être ça l'idée que je cherche .

une moitie du showroom avec au fond la partie dediee a l equipement du pilote bmw
Une moitié du showroom avec au fond la partie dédiée à l'équipement du pilote BMW

La mise en place de l'aventure familiale autour de BMW

Par l'intermédiaire de Lionel (concessionnaire BMW à Bordeaux), il m'a mis en contact avec le patron du réseau BMW Eric Debré. On s'est rencontré, on s'est reniflé le derrière comme deux chiens (rires), le fit est passé, il est très sympa, il est charismatique, il est jovial, et très vite on s'est dit il y a peut-être un truc. A l'époque la volonté de BMW était d'avoir moins d'opérateur mais chacun étant plus gros, c'est-à-dire chacun ayant une, 2, 3, 4 concessions et si possible organisées autour de plaques géographiques. C'était en 2016. Il me dit  oubliez Paris c'est déjà bien couvert, en province il y a Amiens, Mulhouse et Brest . Pour des raisons totalement culturelles je me voyais ni aller à Brest ni à Mulhouse parce qu'il faut être en symbiose avec le territoire avec le client, il faut sentir les choses. Et Amiens était trop petit. On est resté en contact tous les 2 ou 3 mois. Quasiment deux ans plus tard, il m'appelle en me disant  monsieur Guers si vous êtes toujours partant, il se peut qu'il se passe quelque chose dans le Nord. Je suis de la Creuse mais j'ai fait mes études dans le Nord, j'ai vécu et travaillé dans le Nord et j'adore les gens du Nord et j'adore le Nord. J'étais toujours partant, je travaillais encore, il me dit  j'en parle à la direction de BM Frédéric Stik et je reviens vers vous . Quelques semaines plus tard, BM décidait de changer d'opérateur à Lille Valenciennes et j'étais candidat  allez le voir, vous faites affaire ou pas, on ne s'implique pas dans la négociation de la reprise, mais l'opérateur actuel ne peut discuter qu'avec vous, vous êtes notre candidat pour le Nord . J'ai rencontré Christophe Hélaine, ça c'est très bien passé et vite passé, en quelques mois on a fait affaire. On a conclut en mars 2018 juste au moment de ma retraite. Le timing était parfait, et on est concession de Lille Valenciennes depuis un an. Voilà comment je suis arrivé à BMW. BMW ça remonte à mon adolescence, l'idée de ne pas m'arrêter de travailler, cette dimension l'entrepreneuriale, un petit business, un business d'émotion et familial puisque je ne l'aurais jamais fait sans mes enfants.

Un père et ses 3 fils dans ce projet Boxer Evasion, tout naturellement

Quand j'ai commencé à en parler, mes enfants savaient que je ne voulais pas m'arrêter de bosser mais ils pensaient que j'allais être consultant, dans des conseils d'administration à droite à gauche, et quand ils ont vu que c'était la moto, ils étaient tous motards, tous BMW, petit à petit ils se sont mis dans le projet à tel point que César a quitté sa boite pour rentrer dans une concession BMW à Gennevilliers Moto Loft où il a bossé 1 an 1/2 pour comprendre le produit, le marché, ce qui m'a permis de savoir qu'il accrochait parce qu'il a été performant et que ça lui plaisait, Arthur était dans la banque dans la gestion de patrimoine depuis sa sortie d'école et il a décidé de suivre aussi, et Gaspard qui lui était le plus jeune bossait chez ASO qui organise le Tour de France, mais pour les événements voile et golf donc rien à voir avec la moto mais son truc c'était l'organisation d'événement sportif et c'est comme ça que naturellement la répartition s'est faite. J'ai même pas eu à discuter ou arbitrer même si je pensais qu'ils voudraient tous être à la vente parce que moi je suis un commercial mais non, y'en a un qui voulait faire que commercial César, y'en a un qui voulait faire la finance la gestion la comptabilité Arthur, et l'autre qui était la logistique l'atelier l'organisation des événements les balades Gaspard. Donc il n'y a pas eu d'arbitrage. Bien sûr il y a des overlap mais il n'y a pas eu à discuter. C'était évident et naturel. Voilà l'origine du projet. Un mélange de passion, de moto, du patrimonial, du familial, de l'entrepreneurial, voilà comment à 62 ans je me suis retrouvé concessionnaire BMW.

un bout de l atelier de boxer evasion a lille avec une partie des ponts
Un bout de l'atelier de Boxer Evasion à Lille avec une partie des ponts

Quel est le marché à Lille et quels sont les événements Boxer Evasion ?

Comme dans tout le réseau BMW, le best seller c'est GS, c'est 40% et la 1250 c'est un succès phénoménal, mais on a tous les clients on le voit dans le showroom, la seule différence peut-être c'est la part du scooter en province et en particulier à Lille qui est très faible. On vend quelques scooters par an, c'est pas BM c'est le marché vous ne verrez pas de scooter dans Lille ou très peu alors qu'à Paris il y a des dizaines de milliers de scooters. On vend des scooters électriques à des clients parisiens qui n'en trouvent pas à Paris et qui viennent les chercher en province. Mais sinon c'est le GS qui est le best seller pour nous aussi et puis après les routières RT, un peu de sportives aussi avec le lancement de la nouvelle S1000, donc un peu tous les clients, la gamme Heritage NineT, un peu comme tout le réseau. [...] Sinon on a continué ce que faisait Christophe, le précédent propriétaire faisait pas mal de choses. Des balades d'une journée où on va du côté de Charleville Mézières dans les Ardennes françaises ou belges, du côté de la côte d'opale du côté du Touquet par exemple, ou on va faire une balade à Bruges, donc des sorties sur une journée parce qu'on est fermé et que les gens sont libres le dimanche. Pour la clientèle GS off-road on a un ami qui organise des road trips de deux jours du côté du Touquet, ensuite bien sûr les événements BMW du genre Garmisch donc on part le jeudi matin d'ici, on s'arrête en Allemagne le jeudi soir, le vendredi on arrive à Garmisch, on passe la journée du samedi sur place avec le fameux diner sous la tente et puis en général il y a deux groupes, un qui rentre directement le dimanche à Lille et pour les autres on organise un étape en Alsace et on rentre le lundi dans la journée à Lille, donc ça ça dure 5 jours. Et puis avec BMW on organise des journées autour du Bol d'Or ou des Track Days où on emmène les clients tourner sur circuit. L'année dernière on a fait le Café Racer Festival à Linas Montlhéry, et cette année le planning est affiché dans la concession. Et cette année aussi, on fait un voyage Argentine Chili avec un partenaire donc là on trouve les motos là-bas et on fait 3500 bornes en 13 jours sur place.

Dans le dossier Boxer Evasion à Lille


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