Jean-Luc Nicolas, patron passionné de Moto Virus

On pourrait dire qu'il a attrapé le virus moto quand il était petit pour le jeu de mot, c'est facile mais tellement vrai. J'ai eu la chance de rencontrer pendant une bonne demie heure un véritable passionné de moto au parcours aussi varié qu'exceptionnel
Par Jean-Michel Lainé le .

jean luc nicolas patron de moto virus a lyon et veritable passionne de moto
Jean-Luc Nicolas, patron de Moto Virus à Lyon et véritable passionné de moto

Du vélo à la concession moto : la passion du deux-roues

Je suis arrivé à la moto... en fait ça a commencé bien avant puisque dès mon plus jeune âge j'ai commencé à vouloir démonter mes vélos pour les améliorer avec peu de résultats d'ailleurs, très rapidement l'effort du vélo j'ai bien senti que c'était pas ma tasse de thé. Dès que j'ai eu 14 ans et commencé à avoir une mobylette j'ai voulu qu'elle aille plus vite, plus loin et dans de meilleures conditions, ça n'a pas toujours été une réussite mais voilà (rires). Je pense que j'ai été naturellement attiré par le monde du 2-roues depuis ma plus tendre enfance, j'ai passé mon permis 125 avec qu'une idée c'est de monter et de pouvoir rouler à moto. J'avais un frère qui roulait déjà en moto, qui d'ailleurs avait eu un grave accident ce qui prouve que mes parents étaient particulièrement sympathiques parce qu'ils m'ont laissé faire de la moto en toute liberté alors que mon frère avait failli y laisser la vie. Je faisais un DUT de génie mécanique à l'époque, j'ai commencé à faire du rallye moto avec des copains, je me suis aperçu qu'il fallait trouver un peu d'aide dans les magasins, j'ai commencé en échange d'un bidon d'huile à aller les aider à monter des motos neuves le samedi, des trucs comme ça et puis voilà j'ai mis la main dedans. Je me suis dit, il faut que je travaille dans la moto.

Quand j'ai eu mon DUT, j'ai eu la chance d'être exempté d'armée pour des problèmes d'allergie donc je me suis donné 1 an pour travailler dans la moto et si ça marchait pas je reprenais le fil de mes études. Tout de suite j'ai trouvé que le monde de la moto c'était pas mal. J'ai serré des boulons pendant longtemps, assez rapidement j'ai compris qu'il fallait que je sois à mon compte pour avoir une chance d'exister, le but c'était de faire de la course tout le temps, après j'ai eu la chance de découvrir les circuits avec une équipe de pilotes. Très rapidement j'ai eu envie de faire de l'endurance et alors là, ça a été la révélation de ma vie, c'est de préparer des motos pour les courses d'endurance. Pendant 10 ans j'ai passé beaucoup de mon temps à préparer des motos pour faire le Bol d'Or, les 24 heures du Mans, etc. avec des petits moyens et des résultats honorables finalement, jusqu'au moment où sur Lyon il y a eu un peu de ménage au niveau des concessions motos, et la concession Suzuki a fermé.

La marche supérieure : la concession Suzuki à Lyon

moto virus suzuki a dardilly au bord de l a6
Moto Virus Suzuki à Dardilly au bord de l'A6

Je me suis dit il faut que je passe la marche supérieure, il faut que je sois concessionnaire d'une marque. Je me suis battu pendant 1 an avec la marque Suzuki et les différents prétendants qui voulaient cette place là. En 96 concession Suzuki à Lyon, 97 concession Suzuki ici à Dardilly, c'était l'époque où Suzuki explosait littéralement avec le renouvellement, les Bandit, SV, GSXR 600, 7 1/2, 1000, qui gagnaient en plus en endurance. En 2000, on s'est aperçu qu'on vendait tellement de motos neuves qu'il fallait absolument qu'on développe l'occasion, donc j'ai ouvert le centre d'occasions qui s'appelle Label Occasion. En 2010 je me suis dit que je n'allais pas faire que travailler alors j'ai relancé une équipe en endurance et j'ai refais de l'endurance pendant 7 ou 8 ans, où là on a vraiment été très performant. Après le marché Suzuki s'est un peu dirigé vers la baisse, donc on est obligé un peu de réduire nos ambitions, donc on a arrêté la course, on a fermé la concession de Lyon et on a cherché d'autres marques pour se diversifier un peu. Dans les marques qui se sont présentées il y avait Victory qui s'est transformé en Indian. Maintenant Suzuki s'est globalement stabilisé sur le marché.

A la fin c'est quand même la passion du deux-roues et surtout de la moto, je le redis mais le vélo m'a moyennement intéressé (rires), c'est vraiment la passion du deux-roues de la mécanique et tout, et à ça s'est greffé la passion de l'équipe. Comme en endurance, la gestion de l'équipe c'est extrêmement important, j'ai essayé d'appliquer tout ce que j'aimais à la motivation de mon équipe qui s'est développée au fur et à mesure. Ils sont tous un peu passionnés par ce qu'ils font, ce sont des gens qui ne travaillent pas dans la moto par hasard (ndlr : retrouver le témoignage d'une partie de l'équipe de Moto Virus : Emelyne, Anthony et Jérémy) et qui sont avant tout motivés par ça.

Après la page compétition, les nouvelles tendances

On essaye de s'adapter au marché, on avait toujours fait beaucoup de préparations, on avait toujours eu une équipe qui aimait bien faire des choses un peu différentes, toujours avoir des motos préparées pas forcément de manière exceptionnelle, juste tous les accessoires sont présentés en situation, ça ça plait vraiment. En ce moment c'est relativement calme parce que les modèles Susuki se prêtent un petit peu moins à ça, on est un peu décalé par rapport à la tendance vintage qui revenue partout et on n'a pas le support. Nos motos sont trop techniques, trop modernes avec des lignes modernes, donc on est un peu obligé de mettre ça de côté, mais on essaye toujours d'avoir des motos qui font envie et dans lesquelles le client peut vraiment se projeter dans son envie. S'il imagine à quoi ça peut ressembler avec un pot, une déco, il l'a devant les yeux dans la concession (ndlr : jetez un coup d'oeil aux prépas VStrom et des roadsters GSXS). C'est mieux que sur un catalogue. Et puis on a toujours travaillé avec beaucoup de stock. On a toujours le produit à présenter à nos clients, c'est vraiment une habitude de travail. On a cette chance d'avoir fait de gros volumes durant de longues années chez Suzuki et on a toujours travaillé avec beaucoup de volume. On présente toujours tous les coloris.

le hall d exposition de la concession suzuki moto virus a dardilly
Le hall d'exposition de la concession Suzuki Moto Virus à Dardilly

Il y a une catégorie qui est vraiment en baisse, c'est la sportive. Chez Suzuki on avait des 600 et 7 1/2 qui ont été supprimées du catalogue, il nous reste la 1000 où la concurrence ne s'est pas endormie sur ce segment là. Sur la 750 il n'y avait pas de concurrence et c'était vraiment un très très très bon produit. On tire notre épingle du jeu en vendant une bonne vingtaine de GSXR 1000 par an, mais ça reste un petit volume quand même. La raison à ça, les motos sont de plus en plus spécialisées vers la compétition et pendant ce temps on peut de moins en moins rouler sur la route donc de moins en moins exploiter ce style de produit. Il y a quelques circuits mais beaucoup de nos clients ne vont pas sur circuit, les gens veulent avoir un bel objet pour rouler quand ils ont envie.

La partie trail, ça se développe heureusement parce que là chez Suzuki on a vraiment un outil exceptionnel c'est la DL650 (ndlr : V-Strom 650) qui est intemporelle et s'adapte à tous les styles d'utilisations. Plutôt des gens en moyenne d'une quarantaine d'années. Un jeune vient rarement acheter une DL650 comme première moto par contre c'est une bonne moto, on a des clients qui ont déjà changé 6 ou 7 fois de DL650 et qui restent sur ça parce qu'il y a toujours des petites évolutions, une déco différente, qui s'accessoirise un petit peu. Et chez Suzuki ils ont fait une 1000, en concurrence directe des BMW, et on voit ce développement, ce sont des motos qui incitent au voyage, des motos où on est bien installé, c'est confortable, c'est efficace, on peut rouler à deux, ça correspond plutôt à une clientèle entre 40 et 55 ans. Je ne sais pas s'ils roulent moins, c'est un outil qui permet de rouler loin et longtemps [...] des gens qui retrouvent ce qu'ils ont été obligé d'abandonner pendant 20 ou 30 ans le temps de construire une carrière, des gens qui ont vraiment envie de retrouver le plaisir de leur enfance, rouler et rencontrer des gens.

Dans le dossier Moto Virus Suzuki à Lyon


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