Essai Husqvarna 610 SM modèle 2008

Entre une compé-client et un trail supermotardisé, elle joue la carte de la polyvalence parmi les supermotards les plus joueurs

Par Guillaume Mongin – photos Mecamix

Née en 2005, la 610 SM sort désormais des chaînes de fabrication de Varèse, en Italie, sous la coupelle de BMW. Ce rachat intervenu en octobre 2007 n'a finalement rien changé à la production de la gamme, si ce n'est que la pérennité de la marque est désormais assurée.

La 610 conserve toujours sa ligne affûtée comme une lame qui n'a pas son pareil en termes d'agressivité visuelle. Son dernier coloris à base de blanc et rouge renforce d'ailleurs son pouvoir de séduction. La finition n'est pas en reste et même si la Husky ne fait pas d'esbroufe, la qualité et l'ajustement des matériaux n'accusent aucun reproche. Il est vrai qu'au premier abord, la belle paraît être prête pour un départ de course, bien que quelques détails ne trompent pas son orientation civile. En effet, le démarreur électrique, les larges rétros, les repose-pieds en caoutchouc, le porte bagage doté de poignées de maintien et l'accroche casque à clé montrent bien qu'elle s'adresse à des utilisateurs du quotidien.

Malgré tout et dès les premiers tours de roues, on prend de suite la mesure de sa sportivité. D'abord, la hauteur de selle d'environ 880mm demande une certaine souplesse. Ensuite, la selle affiche un entrejambe très serré, lequel facilite la mobilité du pilote en action, mais laisse peu de surface pour assoire son séant. Heureusement que celle-ci est plus creusée et plus tendre que sur ses soeurs plus radicales (510 et 410 SMR). Pour le reste de l'ergonomie, les commandes tombent parfaitement sous les mains et les pieds pour une conduite intuitive. En revanche en duo, le passager qui bénéficie tout de même d'une paire de repose-pieds, se retrouve en bout de selle sur une partie dénuée d'épaisseur. Autant dire que pour lui, les kilomètres sont comptés. Autre détail agaçant, la béquille à retour automatique reste trop verticale une fois dépliée, alors méfiance sur les trottoirs en dévers ! Nous avons été en revanche agréablement surpris par l'instrumentation digitale, plutôt complète. Tout y est, avec en prime un shift light, un témoin de réserve d'essence, un trip partiel, un compte-tours et même une horloge. Plutôt rare sur ce type de machine.

Un léger coup de démarreur électrique et le mono de 576,3cm3 nous chante instantanément une grisante mélodie, malgré les efforts de l'usine pour calmer les décibels . Ce trait, qui participe au fort caractère de la 610, va de pair avec ses copieuses accélérations. Derrière son look de terreur des circuits, la Husky est une moto indéniablement sportive, mais pas pour autant "physique" à piloter. En effet, elle fait preuve de beaucoup de souplesse à chaque ouverture des gaz, si bien qu'elle ne brutalise jamais son hôte. Les 44 chevaux débarquent crescendo, distillant ainsi un sentiment de contrôle, tout en garantissant un couple musclé à bas et mi-régimes.

Seul regret, le mono "tire" relativement court et nécessite une gymnastique incessante de la boîte de vitesse. D'ailleurs cette dernière distille un fonctionnement précis à la montée et à la descente des 6 rapports, mais devient très énervante lorsqu'il s'agit de trouver le "neutral" à chaque arrêt. L'usine n'ayant pas fait le choix d'opter pour un "antidribling", un léger petit coup de gaz à chaque rapport descendu est nécessaire pour calmer le frein moteur sur les phases de freinage.

La 610 SM bénéficie d'une partie-cycle robuste et rigoureuse qui respire le sport à plein nez. Par définition, le supermotard et ses petites roues de 17 pouces offrent une maniabilité exacerbée. La 610 ne déroge pas à la règle et transforme la route en véritable aire de jeux. Chaque virage est avalé avec beaucoup de vélocité et les suspensions encaissent à merveille les transferts de masse sous l'action des freins puissants et du gros couple à l'accélération. Effectivement, la Husky distille beaucoup d'assurance en virage et surtout une précision accrue qui lui vaut d'être toujours prévisible. Elle accepte donc très bien les sessions de pilotage sportif avec l'aide précieuse des Dunlop D208, dotés d'un excellent grip. Avec de si bons appuis, on se sent vraiment pousser des ailes, notamment dans les "virolos" où la 610 SM se mène au point de corde sans forcer, en ne rechignant jamais devant les grosses prises d'angle.

essai Essai Husqvarna 610 SM modèle 2008
Essai Essai Husqvarna 610 SM modèle 2008

Bilan

À 6990€ (avril 2008) clé en main, notre petite 610 SM ne joue finalement pas les divas face à ses concurrentes directes, presque toutes plus onéreuses (KTM 690 SMC, Aprilia SXV 550, Husaberg FS 650 E et BMW 650 X-Moto). Quoi qu'il en soit, la Husky affiche une très belle prestation qui ravira les plus joueurs d'entre-vous, tout en offrant un confort et un équipement minimum pour une utilisation quotidienne et/ou citadine. Et à ce prix-là, pourquoi se priver ?

Par Guillaume Mongin – photos Mecamix

On aime bien

  • partie cycle rigoureuse
  • moteur sport et civilis
  • tableau de bord complet

On aime moins

  • le neutre bien cach
  • la bquille trop droite
  • le mono qui tire court
Quotidien
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Duo
On vous regarde
On la dtaille
On l'coute
Ecouter

Les données techniques et tarifs peuvent changer sans préavis. Vous trouverez des informations complémentaires ainsi que le dernier tarif sur le site officiel.

Photos Essai Husqvarna 610 SM modèle 2008

Fond d'écran

fond d'écran Essai Husqvarna 610 SM modèle 2008

Dimensions 1024x768 1280x1024 800x600