Essai Triumph Tiger Explorer 1200
04/06/12 Après les deux
Tiger 800 en 2011, Triumph continue d'élargir sa gamme avec cette nouvelle Tiger Explorer de 1200 cm3, 1215 très exactement. Ce qui est intéressant ce n'est pas tant que c'est une nouvelle moto dans la gamme avec une plus grosse cylindrée, c'est que cette machine inaugure tout ce qu'on attend de la future GT. Pour l'heure c'est un trail routier mais pas seulement selon la marque anglaise. Ce gros trail bien entendu animé par un trois cylindres, propose un cardan pour ne pas s'encombrer de l'entretien d'une chaîne, un contrôle de traction réglable (TPMS) et déconnectable tout comme l'ABS ainsi qu'une commande d'accélérateur ride-by-wire c'est-à-dire sans câble mécanique. Pour sa baroudeuse longs courriers, Triumph n'a pas refait l'erreur des Tiger 800 puisque cette fois-ci les repose-pieds ne sont pas soudés au cadre, vous pouvez chuter sans crainte ! Esthétiquement, c'est une machine imposante avec un large réservoir, un haut pare-brise, une selle confortable seul ou à deux, une position de conduite reposante, etc. bref tout ce qu'il faut pour rouler longtemps sur tous les types de revêtements sans fatigue et avec un soupçon de plaisir.
La motorisation est toujours un trois cylindres mais d'une cylindrée de 1215 cm3 supérieure au reste de la gamme routière.
12 soupapes, double arbre à cames en tête, refroidissement liquide, etc. du classique. Ce qui l'est moins chez Triumph c'est la commande des gaz par l'électronique et une transmission par cardan. L'ensemble est une vraie réussite avec un moteur très souple aux bas et moyens régimes pour une conduite toute en douceur et des reprises tonitruantes lorsqu'on va chercher la zone rouge. Le tout est accompagné par la sonorité caractéristique du 3 cylindres . Les amateurs de triple seront donc en terrain connu avec une motorisation très réactive malgré sa cylindrée, peu avide en borborygmes comme on s'y attend et toujours très docile lorsqu'on a besoin de rouler sur un filet de gaz. Aucun à-coup ne se fait ressentir que ce soit par le cardan ou le système ride by wire. Si on ajoute à ceci la consommation qui oscille entre 6 et 6,5 litres au 100 km sur autoroute comme en montagne, on tient là un mixte entre passion et raison des plus intéressants qui laisse augurer plein de bonnes choses sur la future grande routière.
Mais voilà, la Tiger Explorer est un trail, certes avec quelques dispositions pour sortir du bitume si on en juge par sa garde au sol élevée et sa roue de 19 pouces à l'avant. La fourche inversée de 46 mm et l'amortisseur sont confiés à Kayaba. La première a un débattement de 190 mm et le second de 194 mm. L'ensemble se tient très bien sur les voies rapides et apporte même un excellent confort sur le réseau secondaire jusqu'au premier freinage appuyé. La moto plonge pas mal de l'avant et se relève perceptiblement à l'accélération, les variations d'assiette sont donc importantes et fréquentes. En plus d'un manque de confort en montagne, les mauvais revêtements font très souvent intervenir l'antipatinage sur les relances et l'ABS sur les freinages avec comme conséquence d'être obligé de freiner plus tôt. Cette anticipation rendue obligatoire si on ne déconnecte pas l'électronique, fait que finalement cette Explorer aussi efficace et confortable soit-elle sur un long trajet, ne sait pas être aussi fun que certaines de ses concurrentes lorsque la route le permet. C'est dommage, car le moteur et la partie cycle offrent un excellent ressenti même avec ce cardan et les 259 kg de la moto sur la balance (avec les pleins) et la maniabilité, notamment pour la passer d'un angle à l'autre, est convaincante. Lorsqu'on quitte la route pour les pistes sans asphalte, le manque de feeling du train avant est encore plus perceptible. S'ajoute à ceci un centre de gravité assez haut perché qui a tôt fait de réduire les ardeurs de l'aventurier ... Malgré tout, l'ergonomie pour rouler debout est parfaite avec un guidon suffisamment haut pour ne pas trop courber le dos, un réservoir qui permet de correctement le tenir avec les genoux et une protection du buste efficace.
Le confort et l'équipement de l'Explorer sont d'un bon niveau pour le pilote comme pour le passager qui a pour lui une assise naturelle et deux belles poignées pour se tenir. La selle se règle en deux hauteurs pour permettre à quelqu'un de 1m70 de poser les deux pieds au sol, le pare-bise s'ajuste manuellement et protège bien lorsqu'il est tout en haut, le large guidon procure une position très décontractée au guidon et la vue sur le tableau de bord est parfaite. Celui-ci est ultra complet avec l'affichage de la température ambiante, une jauge avec l'autonomie restante, l'heure, le rapport engagé, deux trips complets (km, conso moyenne, vitesse moyenne, etc.) ou encore l'alerte verglas. Tout ceci se commande depuis un bouton au guidon tout comme le paramétrage du contrôle de traction et de l'ABS qui doivent obligatoirement se faire à l'arrêt. Lorsque vous passez de la route à un chemin, une pause s'impose donc. Il faut ajouter à tout cela un porte-paquet, une béquille centrale, une prise 12V devant le réservoir et, chose aussi rare qu'appréciable sur l'autoroute, un régulateur de vitesse. On n'est pas au guidon d'une GT mais pas loin !
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Les essais moto Triumph
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Triumph− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.