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Samedi 25 mai 2013 · 14:27
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Essai Honda CB1000R

10/04/08 La découverte de la CB1000R se fait en deux temps : d'abord de l'extérieur, puis de l'intérieur, et les sentiments éprouvés évoluent nettement d'une étape à l'autre. De sa ligne ramassée et agressive émane en premier lieu une sensation de radicalisme pur. Le monobras dégage une jante à quatre branches de toute beauté, soulignée par un échappement court en position inférieure centrale et une coque arrière minimaliste. À l'avant, la massive fourche inversée de 43 mm et ses étriers 4 pistons à montage radial donnent le ton tandis que les écopes latérales et la tête de fourche triangulaire renforcent encore l'animosité de la bête. La finition n'appelle pratiquement aucun reproche, si ce n'est au niveau des commodos qui font un peu "cheaps" pour une moto de ce calibre (ce sont les mêmes que ceux de la Transalp !). En revanche, on apprécie l'ajustement parfait de toutes les pièces, mais aussi les traitements de surface et le choix des couleurs (noir pour la mécanique, finition alu pour le cadre et les platines) qui mettent parfaitement en valeur les arêtes saillantes de l'habillage. Le poste de pilotage s'enrichit d'un tableau de bord à triple écran digital parfaitement intégré et très "high tech". La lisibilité est un peu sacrifiée (jauge à essence minuscule, compte-tour digital à segment), mais qu'importe, car le résultat participe à l'esprit compact et ultramoderne de la CB1000R.

Avec un tel look, on s'attend logiquement à un environnement tout aussi radical une fois selle.
Et bien c'est là que la firme japonaise a fait très fort ! Contrairement à bon nombre de concurrentes (à commencer par la FZ1 ou la Z1000), la CB1000R se révèle particulièrement accueillante. La finesse de l'assise et du réservoir couplée à la compacité du quatre cylindres en ligne issue de la CBR 1000 permet de poser facilement les pieds au sol. Le guidon est assez étroit et pas trop bas, si bien que la position de conduite est très agréable pour mon mètre 78. Seules petites imperfections dans cette ergonomie salvatrice, les rétros sont un peu étroits, la selle manque de douceur et la protection est tout simplement inexistante. En outre, les plus grands s'y sentiront peut-être un peu à l'étroit.

Quoi qu'il en soit, cette facilité de prise en main ne s'arrête pas là. À la mise en route du moteur, on est aussi surpris par le bon équilibre général et le diamètre de braquage court de la Honda qui se répercutent de manière très favorable sur la maniabilité. La douceur de la transmission, la souplesse du quatre cylindres à bas régimes et la précision de l'injection accentuent encore la docilité dans les moments difficiles (ville, pluie...). Cette CB1000R nous ferait presque oublier qu'elle appartient au segment des roadsters sportifs. Savoir rendre la puissance exploitable et accessible à tous, voilà un exercice dans lequel le premier constructeur mondial excelle.

Car ne vous y trompez pas, derrière la civilité des premiers instants, la CB1000R reste un roadster turbulent. Certes, la puissance "full" n'est pas si élevée (125 ch), mais les ingénieurs ont retravaillé le bloc pour accentuer le couple à mi-régimes et garantir sensations et efficacité sur route. Passé 4000 tr/min, le bloc s'emballe donc gentiment avant de tirer franchement sur les bras entre 7000 et 10000 tr/min, dans un miaulement caractéristique qui rompt avec la sonorité plus sage des bas-régimes . La boîte s'avère particulièrement souple et précise dans le verrouillage des rapports et les montées en régime s'enchaînent donc sans temps mort. Au final, le déficit de puissance n'enlève rien au caractère de la CB1000R qui semble plus explosive et un peu moins linéaire que ses concurrentes à moteur quatre cylindres. Espérons seulement que le bridage français ne le pénalisera pas trop, ce qui est loin d'être le cas sur l'hypersportive de la marque.

Au chapitre des sensations, la japonaise profite également d'une partie cycle légère et ultra vive. Très précise dans ses placements en entrée virage, stable sur ses appuis et saine dans ses réactions, la CB1000R est une arme sur petites routes sinueuses et se pilote surtout de manière très intuitive. Les suspensions ajustables (précharge, détente et compression pour la fourche, précharge et détente pour l'amortisseur) permettent d'adapter le comportement à la morphologie et au style de conduite du pilote. Le réglage d'origine reste cependant un bon accord entre rigueur et confort.

Côté freinage, mordant et facilité de dosage sont au rendez-vous avec une attaque douce au départ, et une puissance graduelle au fur et à mesure de la course. Le frein arrière est également très progressif et ne bloque pas au premier coup de pédale venu. Enfin, une version CBS-ABS sera également disponible pour 600 euros de plus.

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Voir aussi : photos et son Honda CB1000R
Les essais moto Honda

Honda CB1000R
Tags : Honda− Essai réalisé par Julien Métrop - photos D. Reygondeau et S. Perec.
photo Honda CB1000R


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