2ème manche du Challenge des Monos à Lédenon

Par Jean-Michel Lainé le .
Les côtes du circuit allaient donner l'occasion aux 650cc de donner la réplique aux parties cycles rigoureuses des 426 TZ

Dès les essais libres, on sent que les leaders attaquent ! La position sur la moto, le regard lointain, les trajectoires tirées au cordeau et le régime moteur au taquet indiquent clairement que l'on est venu pour en découdre.

Derrière, par contre, on sort les chasubles jaunes, car attirés par le règlement technique ouvert et l'ambiance de franche camaraderie, les disciples du mono se multiplient comme des petits pains, à tel point qu'il était difficile d'ignorer les gros coups de pistons qui ont fait vibrer tout le paddock pendant ce Week-End Racing Cup organisé par Motor Events Europe.
On a rarement vu autant de nouvelles machines sur une seule course et les bizuths ont de l'imagination !
Jugez donc : Cagiva Mito à toutes les sauces, jaeggersauce ou al‘arrabiata au choix, KR1 des belles années du 2 temps, Bimota BB1, Suzuki RG... DR ou Yamaha SZR d'origine. De 426 à 830cc il y en a pour tous les goûts.

La course du Mans dans le cadre de l'open avait vu l'opposition de l'élite de la vitesse française, celle de Lédenon permet quant à elle de développer les machines autant que les pilotes.

Ainsi, grâce à la finale B fut le théâtre d'une bourre magnifique.
Du début à la fin chacun des pilotes a eu une cible en ligne de mire et les chronos furent tellement homogènes qu'aucun spectateur ne remarqua qu'il ne s'agissait que d'une course de repêchage.
A l'arrivée dans le paddock, les conversations reprenaient la continuité de la piste, mimant les postures, bruitant les gaz et arrangant l'adversaire, le sourire pleines dents est de mise.
L'association avec les Endurance Racing Twin et la Roadster Cup très instructive pour ces catégories rassemblant beaucoup de novices.
« Ah quand même !» lâchait l'un devant les feuilles de temps...
« Mais comment arrives tu à démonter aussi vite ? » questionne l'autre.
Aux 4 coins du paddock l'ambiance est studieuse, on échange, on s'instruit, on lie connaissance et se promet de se revoir à la prochaine.

Samedi matin, les sourires sont plus ironiques car dès la première séance d'essais chrono, Loïc Depailler n°101 explose les 1 '40 et pose les bases du week-end.
Lui qui est arrivé tard dans la nuit avec une moto d'emprunt, signe un temps de référence dès les premiers tours.
Hélas, alors qu'il assurait sa fin de session, une erreur infime lui fit perdre l'avant dans le très redouté « triple gauche qui passe à fond au bout de la ligne droite ».
Si la moto est en piteux état, le pilote s'en sort indemne, tout de même bien tordu des articulations. La nuit sera longue pour cet équipage.

La première ligne est hétéroclite car entre les purs produits du challenge que sont Mikaël Viravongsa n°66 et Seb Boulay n°3 opposés à Laurent Dagas n°37 et Laurent Guignat n°12, les oppositions de styles sont flagrantes.
Juste derrière, les ténors de la catégorie monosport (45cv) se tirent la bourre, puisque dix pilotes se tiennent dans la même seconde.
Didier Cantel n°93 implore la pluie pour revenir sur les protos, David Legalle n°99 continue de développer son proto, David Chiabo n°51 entend bien démontrer sa vélocité et Ronald Rivière n°1 joue placé comme à son habitude.

Après 24h de travail ininterrompu, Guillaume, le mécano du team 101, peut enfin se poser dans la chaise de camping. Quelques coups de kick et le Honda XR de Loïc Depailler s'ébroue juste à temps pour le contrôle technique.
Deux pneus neuf, un poly refait, quelques pièces de rechange et pas mal d'huile de coude ont redonné vie à cette valeureuse Yamaha TZ.
Mais la poisse a cette caractéristique de rester collée à celui qui l'a touché, et une malheureuse bobine d'allumage a décidé de gâcher définitivement le week-end lors du passage en pré grille.

Seb Boulay est le plus vif à s'extirper de la grille, non seulement il embraye mieux mais en plus il dévente ses adversaires dès le premier virage.
Mikaël Viravongsa s'est raté et doit batailler pour retrouver sa position alors que dans sa foulée se forme un peloton de chasse homogène composé d'une dizaine de motos.
A chaque virage les positions changent, les trajectoires se recoupent, et pendant ce temps Seb Boulay gravi déjà la montée de la ligne droite à une vitesse météorique.
1'37 « 6 à la mi-course, le chrono n'en peu plus, Sébastien ne peu plus être rejoint. Par contre Viravongsa ne se doute pas de la pièce qui se joue derrière lui....
Rony rivière est remonté au rythme d'une place par tour et commence à pointer dans les pots de la Yam 426 rendue délicate à piloter par des réglage encore hasardeux - la moto 66 n'a que quelques heures de roulage à son actif - lorsque son avant lui échappe et le condamne comme l'an dernier à regarder la fin de course en spectateur.
Il avait de bonnes raisons d'y croire car sous ses yeux, Laurent Dagas très régulier est aussi revenu dans l'aspiration de Mikaël mais a du finir au ralenti par la faute d'un moteur qui s'est mit à vibrer exagérément, et Laurent Guignat aura du combattre de toute son expérience en 250 open pour se défaire du groupe d'enragés et arracher la dernière place du podium.

Chez les monosports, la bagarre a aussi été chaude puisque Chiabo s'impose d'à peine une seconde sur Didier Cantel 93 et que Carlos Teixeira , même s'il est hors de vue, fini quand même sur le podium et marque les points de la 3è place.

Au championnat le classement reste très serré et comme nous l'a rappelé le titre de Rony l'an dernier, chaque point compte et la régularité fini par payer.
Mikaël, second, le rappelle sur le podium : ‘carole le 21 mai sera différent, à charge de revanche !'
Gros couple ou vivacité dans les montées en régime, la lutte devrait faire long feu !

1 commentaire sur « 2ème manche du Challenge des Monos à Lédenon »

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Par Rony
Rony

Salut Desmolo !
Bien l'article, j'espère que cela va générer l'envie de venir nous voir de plus près.
Sinon, ben l'an dernier j'ai effectivement chuté mais avant les qualifs, et fini 5 ou 6ème derriere GnapGnap (laurent Guigant)et devant Loîc Depailler...Reste encore 4 courses tout est encore possible !
A+
Rony