Interview Luc Alphand, en route vers le Pakistan ?

Si vous avez suivi notre périple sur trois routes militaires dans Alpes au guidon de deux KTM Adventure, vous avez surement écouter des bribes de l'interview de Luc Alphand sur sa région, la moto et ses projets. La voici en version intégrale pour tout sav
Par Jean-Michel Lainé le .

On te connait comme champion du monde de ski, qu'elles sont tes activités aujourd'hui ?

J'ai eu un accident, à moto d'ailleurs, qui a mis un terme à ma carrière automobile. J'étais pilote sur le Dakar et aussi aux 24 heures du Mans, l'automobile c'était quasiment, avec un peu de ski l'hiver, ma grosse activité ces dernières années. Depuis cet accident je fais toujours de la moto parce que c'est quelque chose que j'ai au fond du coeur. J'ai fait de la voile depuis 3 ans pour découvrir d'autres choses d'autres horizons, pour moi l'océan c'était le dernier bastion de l'aventure donc je me suis un peu lâché là-dedans.

C'est un peu plus difficile maintenant niveau équipe, trouver un budget, monter quelque chose, donc maintenant mon activité c'est principalement beaucoup de ski l'hiver encore, de la télévision avec France Télévision, toujours consultant pour le Dakar et les championnats du monde, et l'été, je suis en train de préparer dans l'esprit sport aventure, un voyage l'année prochaine en 2015, un voyage qui partira de France jusqu'au Pakistan avec de la moto dedans, du ski, de la montage et de la voile. Ca c'est un beau projet à préparer.

luc alphand vers le col du granon en debut de journee
Luc Alphand et moi-même vers le Col du Granon en début de journée

Quel est ton parcours, que représente la moto pour toi ?

Pour moi la moto c'est beaucoup, c'est d'abord de la liberté. Assez jeune j'ai commencé avec la mobylette de la tata et après avec une petite cimatti 50 avec le guidon bracelet. Après j'ai vite viré vers le trial, on habite une région où c'est assez naturel le trial, une belle discipline où on apprend toutes les bases de la moto tout-terrain. Le trial ça m'a plu avec quelques courses de temps en temps mais j'ai jamais fait de vraie saison parce que j'étais quand même skieur, à l'époque je faisais du judo aussi, donc pas mal de sport mais cette moto je l'ai toujours eu dans le sang. Une moto mais tout-terrain, une moto qui me permettait de m'échapper.

Même quand j'avais fait une bonne séance de muscu etc. pour moi ça continuait à être un entrainement aussi la moto. Ca l'était parce que visuellement c'était pour un descendeur, quelque chose qui me permettait de garder une sorte de rythme l'été par rapport au défilement, aux trajectoires, à la prise de risque, et puis même physiquement, une belle journée d'enduro c'est une discipline qui met la pêche, qui bosse sur l'équilibre, la vision et même le cardio. Pour moi la moto c'était ça, de la liberté, du trial au début, de l'enduro, mais j'ai touché un peu à tout, supermotard, mais la route pas beaucoup.

Je me suis toujours interdit de rouler sur la route, parce que je suis peut-être généreux de la poignée et maintenant j'approche de la cinquantaine et je me dis que peut-être que c'est vraiment l'heure maintenant de rouler sur la route et de découvrir un autre monde aussi. La moto pour beaucoup de gens, c'est pas du tout-terrain mais c'est de la route, mais pour moi c'est l'inverse, pour moi la moto c'est le tout-terrain et un tout petit peu de route, mais je commence à y prendre goût.

luc alphand dans la montee du col du granon
Luc Alphand avec un berger dans la montée du Col du Granon

Parle-nous de ta région

J'y suis attaché, la vallée de Serre-Chevalier est magnifique, d'abord j'y ai toutes mes racines alors parler de quelque chose qu'on aime c'est vraiment facile. Je suis ambassadeur de la station (Serre Chevalier) depuis tellement longtemps maintenant avec le ski etc. c'est d'abord les Hautes-Alpes, je pense que c'est bien de le préciser parce que dès qu'on est skieur on est savoyard, mais ici non on n'est pas en Savoie. Ici c'est le début de la région PACA, c'est le début du sud. C'est une météo différente, une mentalité différente, une végétation différente, c'est le début du soleil, c'est 300 jours de soleil par an, des vallées grandes ouvertes.

Ca reste aussi de la haute montagne, des montagnes qui sont magnifiques mais différente de la Savoie et même de la Haute-Savoie avec Chamonix, les grands centres d'alpinisme, mais ici avec Vallouise et la barre des Ecrins, on a aussi beaucoup d'alpinisme, beaucoup de randonnées ... c'est une montagne différente qui gagne à être découverte.

Quelle est ta pratique de la moto ici ?

Ma pratique ici de la moto c'est une balade, je dirais en premier, un vrai bol d'air. Quand j'ai besoin de décompresser, j'ai plus besoin de m'entrainer, j'ai plus besoin d'aller en faire, j'ai pas d'obligation d'y aller mais par contre ce bol d'air et ce moyen de s'échapper c'est pour l'instant ma pratique de la moto. Qu'il fasse beau, qu'il neige, qu'il pleuve ce n'est pas bien grave. Quand j'ai envie de sortir j'y vais, je vais me balader, ça me permet d'aller rapidement à un col, voire même de me poser et de rester là à contempler la nature parce que ça aussi c'est la vraie liberté de la moto tout-terrain ici. La pratique je la conçois comme ça maintenant.

J'ai eu un accident à une compétition classique, la Rand'auvergne, qui a failli me coûter beaucoup parce que je suis passé pas loin de la tétraplégie, donc j'ai une pratique de la moto qui est vraiment différente maintenant avec du plaisir en premier, je ferai plus jamais de compétition, j'essaye de faire attention, dès que je me sens j'y vais dès que je me sens pas j'y vais pas mais j'ai pas arrêté l'enduro pour autant, c'est quelque chose que j'ai dans le coeur, j'en profite, je me balade. C'est vraiment une discipline fantastique.

On a choisi 3 routes, Assietta, Sommeiller et Parpaillon, qu'en penses-tu ?

Il y a beaucoup beaucoup de choses, c'est trois excellents choix avec des itinéraires comme le Sommeiller je crois qu'il y a quasiment 30 kilomètres de Bardonecchia pour monter jusqu'au glacier en haut. Des routes sympas à rouler avec des panoramas qui sont fantastiques parce que ça aussi ça compte. Se faire plaisir techniquement avec une moto oui, mais quand on peut avoir autour de soi un vrai panorama avec des routes dégagées et des belles vues sur les montagnes et les environs, je pense que c'est génial. Ces 3 itinéraires sont tops.

On peut rajouter tous les forts militaires qui sont autour de Briançon, et là il y en a beaucoup. Ici on a le col du Granon qui est juste derrière qui est sympa aussi avec des itinéraires de retour sur des routes en terre qui sont magnifiques, il y a les forts au-dessus de Briançon dans la vallée du Mélézin, Cervières, Montgenèvre, il y a beaucoup d'itinéraires dans ces coins qui sont très beaux.

Propos recueillis sur la route du col du Granon le 9 juillet 2014.

Retrouvez notre voyage à moto sur les routes militaires de Alpes avec le col de l'Assietta et le col du Sommeiller en Italie ainsi que le col du Parpaillon en France. Bonne balade !


3 commentaires sur « Interview Luc Alphand, en route vers le Pakistan ? »

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Par TOMS
TOMS

La Beaugossitude du JMI qui fréquente des peoples.

Trop fort!

Respect!

Maintenant je vais pouvoir me la peter en disant que je connais quelqu'un qui connait Luc Alphand......



https://fr.calameo.com/read/002248671c1635956d416
https://fr.calameo.com/account/book

Par ben29
ben29

trop fort le grand chef


Par JMi
JMi

oui TOMS tu peux te la péter

JMi la fée - Je ne fais pas dans l'utile, je fais dans le romanesque