Interview: 19eme au Dakar !

Après son arrivée au Caire à la 19ème place du classement général moto, Eric Rosselet a répondu à quelques questions
Par Jean-Michel Lainé le .

nous permettant de faire un petit retour en arrière sur sa course. Une interview d'Eric Rosselet réalisée par Régis (cramponsb) et eMoto quelques jours après son retour du Caire. N'hésitez pas à ajouter vos commentaires et à poser vos questions à Eric !

emoto: Quel est le meilleur souvenir de ta course ?

Eric Rosselet: Sans hésitation, le moment ou j'étais 16ème au classement général. Un autre moment très fort a été le tour du volcan Wan Namous en Lybie. Le paysage était magnifique avec un volcan enterré au milieu de rien avec au centre un cratère, une oasis et un lac. Même si on a peu de temps pour regarder le paysage car il faut être attentif au road-book et à la piste, j'ai pu apprécier ce décor. Nous faisions le tour du volcan et la piste était assez dégagée.

emoto: Quel est ton plus mauvais souvenir ?

Eric Rosselet: Le mardi 18/01 au soir, quand après ma première réparation, le moteur crachait des flammes d'un mètre de long et que je croyais bien que la course était finie.

emoto: Que penses-tu de la course de cette année en général ?

Eric Rosselet: La course était beaucoup plus facile que l'année dernière, beaucoup moins dure physiquement. Je pense qu'ils ont voulu faire une course spéciale pour le passage à l'an 2000. En fait cette course à été bizarre. Il y a eu en réalité deux courses. Pendant la coupure nous n'avions rien à faire d'autre que nous reposer et Niamey est une petite ville. Il n'y avait pas grand chose à voir. Nous avons perdu un peu de concentration dans cet arrêt forcé. De plus, dès que la course est repartie, tout le monde attaquait encore plus fort qu'au début, tout le monde avait envie de rouler et ça allait vite.

emoto: Quels sont les enseignements que tu as tiré pour ton prochain dakar, si il y en a un ?

Eric Rosselet: Une chose est sûre, c'est que je repartirai l'année prochaine, et je ferai tout pour. Le pire de tout c'est qu'après y avoir consacré beaucoup de temps, avant le départ de cette édition il y avait 99% de chance que je ne reparte pas et maintenant il y a 99% de chance que je reparte. C'est une énorme satisfaction d'arriver au bout, en plus à une super place pour moi. Il y a également les sponsors et toutes les personnes qui me félicitent et qui m'attendent l'année prochaine sur cette course pour peut-être faire encore mieux.
Par contre, si je repars ce sera avec une cylindrée plus grosse, afin d'être moins pénalisé en vitesse de pointe. J'en ai déjà parlé avec Monnier et on va voir ce qui sera possible de faire avec la nouvelle 650 XR. J'ai été très content de son travail.

emoto: Quel effet ça fait de se retrouver sous les pyramides ?

Eric Rosselet: Je n'étais jamais aller là-bas, comme beaucoup d'ailleurs et c'est vraiment grandiose. J'ai d'autant plus apprécié qu'après mes problèmes et une course comme celle-là, je n'étais pas du tout sûr de pouvoir y arriver. C'était super.

emoto: Sans tes problèmes mécaniques, penses-tu que tu aurais pû intégrer une place dans les dix premiers ?

Eric Rosselet: Non, pas dans les dix premiers, mais quinzième ou seizième certainement. C'est je pense ce que j'aurais pû faire de mieux avec une 440. Le 17ème, Roma n'est qu'à 10 minutes et me passe juste sur la fin.
Pour moi, finir dans les 20 premiers, c'est déjà magnifique.

eMoto: Ta progression au classement a été régulière pour finir 19ème, à 10 minutes de Roma longtemps leader de la course. N'est ce pas la régularité qui l'emporte sur l'attaque à outrance ?

Eric Rosselet: C'est sûr, la régularité est importante, mais il n'y a pas la même attaque entre les 1er, les pilotes officiels, qui sont là pour gagner, pour faire gagner leur marque et nous amateurs qui devons trouver un compromis entre l'attaque et l'espoir d'arriver au bout. Eux sont payés pour aller vite, moi je paye pour me faire plaisir et aller le plus loin possible.

eMoto: Tu as fini en bonne position toi qui est avant tout un enduriste. Qu'elles sont les leçons à tirer de ton expérience pour un enduriste amateur qui voudrait se lancer dans cette aventure ?

Eric Rosselet: Pour moi, l'essentiel est d'avoir une très bonne condition physique et de savoir rouler vite même très vite en enduro. Plus tu roules doucement et moins tu as de temps pour récupérer. La récupération est super importante, mais il ne faut pas non plus prendre trop de risque, tout est une question de compromis. Cette année, le début était beaucoup moins dur que l'an dernier où on attaquait tout de suite des secteurs très difficiles dans des dunes. Personellement l'an dernier j'ai été fatigué dès le début à l'inverse de cette année. Il faut savoir que plus tu es loin dans le classement et plus la course est dure. Tu es doublé par les voitures et il y a donc énormément de poussière. Ce qui rend la tâche encore plus difficile. Il ne faut pas hésiter à partir fort tout en gardant des ressources afin de ne pas tomber. Il faut être très vigilant.
Un autre point important est la navigation, je n'ai pas eu de problème particulier à ce niveau. Je m'étais un peu entrainé avec Gérard, mon mécano, avant de partir car il est vrai que je n'ai pas trop l'habitude d'utiliser ce type d'appareil. Le fait d'avoir un bon sens de l'orientation peu beaucoup aider au moment où on tourne un peu en rond.

emoto: Qu'est ce que tu prévois de faire pour la saison 2000 ?

Eric Rosselet: Ma première année dans le championnat Suisse, s'est bien passée. Je me fais prendre la deuxième place la dernière course, c'est un peu dommage. Ma collaboration avec Monnier s'est super bien passée et je repars cette année avec une grosse motivation dans le but de gagner le titre. J'espère pouvoir m'en donner les moyens, des projets sont en cours.


Retrouvez le récit complet de la course d'Eric Rosselet
Propos recueillis par Régis de cramponsb.

5 commentaires sur « Interview: 19eme au Dakar ! »

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Par 400Yam
400Yam

Bravo pour la perf !
Donc si j'ai tout compris:
-Il faut attaquer pour avoir le temps de recupérer.
-Il faut un cylindrée de 600 pour suivre sans peine
-Il faut savoir rouler très très vite en enduro
Je sais ce qu'il me reste à faire


Par Jippi
Jippi

Toutes mes félicitations !
Tout le monde ne sait pas combien est difficile l'aventure d'un Dakar, et finir très bien classé est encore plus valorisant.
Dis donc, vu ta progression dans ce Dakar 2000, tu n'as pas peur de "finir" comme Jean Brucy? :))
As tu eu des contacts importants depuis l'arrivée?
Mis à part ton aventure et ton expérience, que t'a maintenant apporté ce dernier Dakar?
Encore bravo, à bientôt.


Par Régis
Régis

En réponse à Jippi:

1/ Je n'ai pas peur de finir comme J Brucy, il est vrai que ça ne me dérangerait pas d'être porteur d'eau dans un team officiel, mais je pense ne pas encore être à la hauteur. Je pense qu'il faut finir un Dakar dans les 7, un gars comme Flick aura certainement ses chances. Mais je le répéte ça ne me derangerait pas du tout.

2/ J'ai sûrtout renforcé mon image auprès de mes sponsors comme Monnier et Motorex, qui sont pour beaucoup partant pour l'an prochain. Sinon je n'ai pas encore eu de contacts particuliers, c'est certainement de toute manière encore trop tôt.

3/ Ce Dakar m'a apporté encore plus d'expérience et d'envie d'y retourner. C'est très important l'expérience car il faut rouler et encore rouler pour progresser dans un environnement qui nous est (pour nous amateurs) encore assez inconnu.


Par ?aurelie?
?aurelie?

Je connais bien Eric qui est quelqu un de formidable et malgré l'arret fait a son dernier dakar c'est n excellent pilote


Par yannik750
yannik750

?aurelie? :
Je connais bien Eric qui est quelqu un de formidable et malgré l'arret fait a son dernier dakar c'est n excellent pilote


RECORD DU MONDE !!!!!!!

J'avais jamais vu ressortir un post aussi vieux 8-) !! 5ans !! 8-) !!

Jsavais meme pas qu'emoto existait !!:D:D

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