Essai Yamaha T-Max 530 Lazareth Hyper Modified
26/09/12 La première collaboration entre Yamaha et Ludovic Lazareth remonte aux V-Max 1700 Hyper Modified exposées sur le salon EICMA à Milan en 2011. La marque japonaise et le Customer français se retrouvent une nouvelle fois pour s'attaquer au maxi-scooter le plus vendu dans l'hexagone, celui qui lança ni plus ni moins la catégorie des scooters sportifs en 2001 par son architecture inédite et dont les performances se sont vues rehaussées début 2012 avec l'arrivée du
T-Max 530. Le travail de Ludovic Lazareth sur le TMax consistait à atteindre la barre fatidique des 200 km/h par la greffe d'un compresseur d'alimentation ainsi que de quelques équipements nécessaires pour le contrôle de cette montée en puissance importante (+30%). Pour accompagner la performance, le design a également été modifié dans cet esprit radicalement sportif.
En effet, le travail sur ce T-Max Hyper Modified by Ludovic Lazareth n'a pas consisté qu'à se pencher sur les performances.
Le style est nettement revisité même si d'un regard rapide cela ne semble pas être le cas. Le but est d'accompagner par le dessin la performance et non de lui voler la vedette, et pourtant près de 80% des plastics sont changés. En dehors des optiques à l'avant et d'un carénage sur la partie gauche, tout ou presque est modifié. On remarque la peinture identique à celle du V-Max Hyper Modified qui rappelle que ces deux machines sortent des mêmes ateliers. A droite, le plancher a un bossage qui dissimule le compresseur et oblige à mettre le pied contre le tablier. Dans son prolongement vers l'arrière, le silencieux brillant contraste nettement avec les teintes mates de ce Tmax et de sa luxueuse sellerie. De nombreux accessoires Rizoma équipent l'engin : les leviers réglables, les repose-pieds arrière, les clignotants arrière également, ainsi que les protège-leviers sont de cet accessoiriste réputé. Le support de plaque déplacé derrière la roue permet d'allonger visuellement la transmission et d'alléger la partie supérieure du scooter pour renforcer son aspect dragster. Cette poupe reçoit le logo «
Lazareth » qui coiffe le feu emprunter à la R6, la sportive mid-size de la marque aux trois diapasons. De part et d'autre du carénage avant, un marquage rappelle le nom du créateur de ce T-Max 530. La plaque numérotée portant le numéro «
1 » sur notre modèle d'essai est placée au-dessus du contacteur. Au guidon lorsqu'on regarde le tableau de bord, rien ne nous rappelle la présence d'un compresseur dans les entrailles de la machine en dehors de deux numéros dans le tachymètre : 200 et 220 alors que la graduation s'arrête à 180 km/h sur le Tmax d'origine. Aucun témoin ni manomètre ou autre accessoire ne vient surcharger le tableau de bord de ce maxi-scooter survitaminé qui n'attend qu'un top départ pour abattre un 400 DA sans vergogne.
En attendant son homologation prochaine, et pour par sécurité, c'est sur la piste d'un aérodrome que le rendez-vous était pris pour les premiers tests d'accélération de ce T-Max Hyper Modified avant qu'il ne s'élance pour une tournée européenne des salons des deux-roues à commencer par Cologne et Milan. Techniquement, le cadre et le moteur sont identiques à la version de série pour pouvoir l'homologuer. Le bicylindre reçoit par contre un compresseur à 0,5 bar et un travail complet a été fait sur la circulation des gaz depuis l'admission jusqu'à l'échappement en 2 parties réalisées par Lazareth avec le catalyseur placé sous le scooter et la sortie proprement dite dans le prolongement du carénage. Résultat, le scooter développe presque 80 chevaux à la place des 46,5 du T-Max 530 original ! Lorsqu'on s'élance sur les premiers mètres, cela ne change guère puisque le compresseur n'intervient pas encore. Mais très rapidement le T-Max standard, qui était là pour l'occasion et la comparaison, rend la main. Il ne résiste pas non plus en vitesse de pointe où il ne parvient pas du tout à suivre l'Hyper Modified qui ne faiblit pas même face au fort vent sur cette longue ligne droite. Les 170 km/h sont atteins très vite puis l'aiguille grimpe plus doucement mais elle grimpe toujours, 180, 185, 190 ... pour aller flirter avec les 200 km/h que ce T-Max Hyper Modified passera une fois la cartographie retravaillée nous assure son concepteur. Pour l'anecdote, l'accélération est tellement franche sur un départ arrêté que l'aiguille du tachymètre reste scotchée à 0 avant de passer d'un coup à 80 km/h comme si le calculateur venait de réaliser que quelque chose se passait ! Amusant. Lorsqu'on accélère normalement, ceci n'apparaît pas car tout fonctionne comme prévu sur le scooter de série, mais on ne roule pas avec ce T-Max pour une promenade en dilettante. Le jeu consiste à tourner la poignée d'un coup et de profiter de la sonorité grave et profonde émise par le silencieux, accompagnée par le léger sifflement du compresseur. Rien ne bouge, tout est parfaitement maitrisé, la puissance passe parfaitement au sol. La partie cycle est tout de même modifiée avec la pose d'une fourche de R1 et d'étriers ISR à 6 pistons sur des disques de plus grands diamètres. Le feeling est parfait, la puissance de freinage démoniaque et la progressivité au rendez-vous malgré tout, ce qui tombe bien sur les premiers runs effectués sous la pluie. La piste bosselée permet du reste d'apprécier la qualité de l'amortissement général de ce maxi-scooter. Le Tmax Lazareth est très rigoureux dans cet exercice où le freinage est impressionnant, presque autant si ce n'est plus que les accélérations.
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Yamaha− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.