Essai Harley-Davidson V-Rod 1250
24/04/12 Il y a 10 ans, Harley-Davidson faisait sa révolution avec un moteur éponyme. La marque centenaire s'attaquait au mythe, son fameux bicylindre en V à refroidissement par air allait dorénavant avoir un frère nettement plus jeune et vigoureux, doté d'un refroidissement liquide, mis au point avec l'aide de Porsche et destiné à des machines autrement plus sportives tout en restant dans l'univers du custom, HD oblige. La première du nom de cette nouvelle lignée des VRSC qui n'a jamais vraiment trouvé son public est la V-Rod 1130, puis 1230 et enfin 1250 comme actuellement en 2012. La
Muscle est inchangée contrairement à cette V-Rod et à la Night Rod Special qui trouve toujours autant de fans pour la détailler. Etonnamment, la VRod reste dans les mémoires comme première «
liquide» mais fait moins tourner les têtes. Qu'importe. Le moteur ne change en rien, la ligne évolue peu sur l'avant, l'arrière beaucoup plus avec un nouveau garde-boue fuyant pour rappeler les coupés Fastback dans la culture des voitures US, un feu à LED intégré et toujours une vue imprenable sur le pneu de 240 mm dont le noir contraste avec l'abondance d'alu et de chromes.
Ce qui change le plus (ou presque) sur la V-Rod est ce qui ne se voit pas : la position de conduite.
Ce n'est pas le jour et la nuit non plus, mais les repose-pieds plus en arrière, le cintre du guidon abaissé et la hauteur de selle un peu diminuée procure une nouvelle assise plus naturelle, plus facile et finalement moins fatigante même si on est un peu moins droit qu'auparavant. Les positions aux guidons de la
Night Rod Special et de la V-Rod tendent à se rapprocher sur les millésimes 2012. Pour un comportement plus évident et vif, une fourche inversée vient remplacer la fourche traditionnelle de la précédente génération, l'empattement perd 1 cm et des jantes à 5 doubles branches remplacent les jantes presque pleines pour un allègement significatif du poids non suspendu. La position du pilote est un peu plus active pour permettre de mieux la balancer d'un virage à l'autre, surtout avec moins d'efforts même si on était loin de celui nécessaire pour la Night Rod. On peut bien entendu rouler vite n'en déplaise aux anti-Harley qui sont toujours surpris les performances de cette américaine. Cette machine sait le faire avec un châssis étonnamment rigide, stable et précis sur l'angle pour un guidage sécurisant. De quoi tirer le meilleur de ce moteur liquide qui présente toujours sa principale caractéristique sur deux niveaux.
En effet, le V-Twin Revolution 1250, c'est Docteur Jeckyll et M Hyde. Parfaitement docile sous les 4000 tr/min et même assez rond, on peut rouler à faible allure en ville sans devoir trop solliciter la boîte de vitesses. De quoi envisager une petite balade nocturne une nuit d'été ou un peu de tourisme sereinement même si selon le rapport sélectionné, l'allure peut être élevée dans l'absolu. A ce régime, un coup d'oeil sur le compte-tours monte qu'on est loin du régime maximal, à peine à la moitié ! Passés les 5000 tr/min, le moteur fait preuve d'une réactivité remarquable, avec des variations de régimes vives et des reprises efficaces. Le couple semble présent partout pour une simple relance en sortie de virage comme pour une accélération tonitruante en départ arrêté. Le seul regret est que tout ceci ne s'accompagne pas d'une sonorité aussi envoutante que les variations de l'aiguille du compte-tours mais on ne peut pas tout avoir ... Quoi qu'il en soit, l'amateur de cruising ou de power bike devrait trouver son bonheur au guidon d'une telle machine. Ce ne sera peut-être pas le cas du passager, sûrement pas même, qui devra se contenter d'une selle minimale et de la présence d'une simple sangle pour se tenir : ça fait peu. Vous pouvez toujours opter pour un Sissy Bar si casser la ligne ne vous dérange pas plus que ça. Les aspects pratiques ne sont toujours pas au menu de la V-Rod, même en 2012. L'instrumentation est identique notamment avec la jauge qui semble diminuer de façon non linéaire, et le réservoir sous la selle ne ferme toujours pas à clé. Décidément, les VRSC ne sont pas pratiques même si elles revendiquent sans aucun doute ce qui se fait de plus moderne et technologique (au moins dans les esprits) dans la gamme Harley-Davidson.
Page suivante : bilan et fiche technique Harley-Davidson V-Rod 1250
Voir aussi : photos Harley-Davidson V-Rod 1250
Les essais moto Harley-Davidson
Tags :
Harley-Davidson− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.