Essai Harley-Davidson Muscle
26/01/09 À peine le premier regard posé sur ce Muscle, l'adrénaline s'émulsifie dans nos veines et nous tire la banane jusqu'aux oreilles. Quelle gueule ! Harley Davidson a vraiment poussé le concept du V-Rod à son apogée avec cette dernière mouture. Pas un motard ne s'est pas retourné aux feux rouges, et à chaque arrêt, la Muscle créait l'émule des passants. Tout est dit, la Muscle n'a pas son pareil pour attiser la reconnaissance des «
autres».
Un vrai Low RiderEncore plus que la V-Rod classique, la Muscle plonge complètement dans l'univers des Low Riders.
Son énorme gommard arrière, sa garde au sol au ras des pâquerettes et son guidon large et bas, définissent effectivement les traits d'un vrai cruiser. Et pour renforcer ce sentiment de puissance et de muscle, la partie arrière a été entièrement revue. La selle très «
carrée» se prolonge sur un garde-boue arrière charismatique à la fois court et large. Celui-ci intègre judicieusement un bloc optique à led (feux + clignotants) sur toute sa largeur, apportant ainsi une épuration visuelle impeccable. Le 240 chaussé sur la magnifique jante usinée prend ainsi beaucoup d'ampleur. La firme de Milwaukee a voulu retrouver une certaine symétrie sur ce dernier V-Rod, ce pourquoi chaque ligne d'échappement prend sa place rectilignement sur l'un des cotés. Toujours pour conserver cette ligne très basse, le réservoir prend sa place logiquement sous la selle. Encore pour accentuer son style trapu, le phare biseauté est fixé très bas entre les deux massifs tés de fourche parfaitement polis. Souvent disgracieux, car difficilement intégrable, le radiateur d'eau se voit ici camouflé par un cerclage en ABS discret et joliment dessiné. Globalement aucune faute esthétique n'est à déplorer, surtout lorsqu'on l'observe en détail. En effet, la finition est absolument remarquable jusqu'à la moindre tête de vis. Aucun fil électrique n'est visible (câblage interne au guidon), chaque pièce en alu est soigneusement travaillée et parfaitement polie, mais on apprécie également les clignos avant dissimulés dans les rétros en alu, les commodos à l'aspect mat, le contacteur latéral qui n'oblige pas à y laisser les clés et les systèmes d'ABS à l'avant et l'arrière complètement dissimulés. Bref, du grand art ! Seul regret, l'ouverture de selle ne nécessite pas la clé, ni même le bouchon d'essence. On apprécie également le superbe bloc compteur lui aussi en aluminium, qui embarque l'essentiel dont une jauge à essence, deux trips partiels, plus un autre pour le décompte kilométrique sur la réserve, l'horloge et un compte-tours. Seul réel défaut de cette instrumentation, la numérotation des km/h étant grise sur fond noir rend la lecture du tachymètre très difficile en plein jour.
Grosse catapulteDès lors qu'on a chevauché l'engin, une espèce d'aura magnétise complètement le pilote. Assis bas, les jambes vers l'avant et légèrement pliée, le dos courbé et les bras presque tendus, voici une ergonomie unique. Pas des plus confortables, mais non plus des plus désagréables, cette position de conduite amplifie toute fois le ressenti bestial de la monture. Seul déception, le gros V twin à 60° a été complètement aseptisée quant à sa sonorité . C'est d'autant plus dommage qu'on s'attend à ce qu'il déclenche la foudre dès sa mise en route. Clairement le plus puissant des moteurs Harley (11,8 mkg à 6500 tr/mn), il faut savoir qu'il adopte une technologie bien plus moderne que le reste de la gamme, d'où son nom de code Révolution. Les 1250 cm3 opte pour une distribution à quatre soupapes par cylindre et deux ACT. Finalement une grosse révolution pour la marque et qui fut possible grâce à un partenariat avec Porsche Ingeneering. D'ailleurs le refroidissement par eau fut indispensable, à cause des échauffements importants liés aux forts taux de compression dans les culasses. Encré de toute part dans le cadre tubulaire, il transmet pourtant peu de vibration, grâce à un fin équilibrage, peut être un peu trop d'ailleurs. Ils ont réussi néanmoins à conserver une vibration très «
ronde» comme les V-Twin culbuté de la marque, mais beaucoup moins marquée. Voici donc le plus «
européanisé» des moteurs de Milwaukee, mais qui transmet une force de traction surprenante sur la deuxième partie du compte-tours. Sous les 5000 tr/mn, le moteur distille une très belle souplesse avec un répondant franc sans jamais émettre de soubresauts. Un gage de confort lorsqu'on veut cruiser en cinquième sans s'occuper de la boîte de vitesse. Le pic de couple arrivant vers les 6000 tr/mn, c'est à ce moment que le twin devient explosif jusqu'au rupteur (9500 tr/mn) sans s'essouffler. Ces hauts régimes «
musclés» sont la preuve que ce nouveau twin a été élaboré dans une optique sportive. On se régale sur l'autoroute à renter une vitesse pour déclencher des poussées à fortes sensations. Autre fait marquant, la boîte de vitesse a gagné en précision sur ce nouveau twin.
Gros brasÉvidemment avec un empattement de 1700 mm, un gommard de 240 mm de large et un embonpoint de 307 kg tout plein fait, la Muscle ne peut pas se targuer d'être une moto facile. L'angle de chasse important n'aide effectivement pas l'agilité du bestiau, qui demande de tirer vigoureusement sur le guidon pour virer à faible allure. Heureusement que le centre de gravité très bas permet de contrecarrer un minimum cet effet «
culbuto». Clairement la Muscle n'est pas destinée au pilote débutant, car il faut un peu anticiper les manoeuvres pour la mener à bien. Or dès que le rythme s'accélère, la conduite devient un peu plus naturelle. Il faut toujours la forcer pour l'inscrire en virage, mais une fois sur l'angle, elle conserve son cap. Les suspensions font preuve de fermeté, assurant ainsi des appuis fermes en virage, et ce même lorsqu'elle est malmenée par de gros raccords de bitume. La stabilité est bel et bien présente sur cette Muscle qui paraît vissée à un rail. Ceci au détriment du confort, car les chocs sont moyennement absorbés. Contrairement à ce que l'on penserait, la garde au sol n'entrave pas la prise d'angle, si bien que l'on n'a jamais fait frotter les silencieux au cours de notre essai. On apprécie également les freins puissants (étriers Brembo) qui encaissent parfaitement la belle dynamique du V-twin. Au passage, la Muscle est livrée avec l'ABS à l'avant et l'arrière de série. Celui-ci se comporte très bien, car il ne fonctionne pas intempestivement et sait se rendre utile au moment opportun. A priori, Harley aurait assoupli la commande d'embrayage hydraulique, ce qui se vérifie en pratique.
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Les essais moto Harley-Davidson
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Harley-Davidson− Essai réalisé par Guillaume Mongin – photos Mecamix.