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Mercredi 23 avril 2014 · 18:09
17e année

 

Cédric Tangre : récit du Bol avec le Junior Team

Publié par la rédaction le 17 avril 2012 Bonjour à tous ! Le Bol d'or, épreuve mythique, ouvre la saison du championnat du Monde d'endurance. Pour cette épreuve je suis intégré au Junior Team Suzuki LMS, avec lequel je participe aux deux épreuves phares de ce championnat pour la 4ème année.

Nous sommes engagés en catégorie Stocksport et l'objectif n'est pas moins élevé que la victoire dans cette catégorie. Cette équipe y a d'ailleurs connu une domination sans partage durant plusieurs années avant d'avoir son lot de malchance depuis le bol d'or 2009, jusqu'aux 24H du Mans 2011 où nous avons à nouveau connu les joies du podium malgré quelques problèmes qui nous ont empêchés de nous battre pour la victoire jusqu'au bout ! Les essais préparatifs au Bol réalisés il y a quelques semaines nous ont permis de faire progresser la moto et c'est donc plutôt confiants que nous abordons cette course... Mes coéquipiers ont le même objectif que moi, il s'agit de Baptiste Guittet, Julien Enjolras et en pilote de réserve, mon cousin, Robin Camus.

Jeudi : essais libres

A notre grande surprise, alors qu'il y a 3 semaines la moto se comportait quasiment parfaitement, aujourd'hui nous ne sommes pas à l'aise au guidon. En effet je ressens beaucoup de mouvements sur la moto, que ce soit de l'avant où de l'arrière. Au freinage la moto plonge trop vite et nous arrivons sur la butée. De l'arrière, dès la remise du filet, l'arrière s'enfonce et la moto part dans des oscillations sans fin. Ainsi nous passons les deux heures d'essais à retrouver le comportement que nous aimions il y a 3 semaines. Nous progressons, mais il faudra encore travailler lors des qualifications de l'après-midi. Au terme de cette séance, nous sommes seulement 14ème et 4ème de notre catégorie en 1'44'5.

Jeudi : essais qualificatifs n°1

Nous disposons d'une demi heure par pilote puis le classement s'effectue à la moyenne des 3 pilotes titulaires. Baptiste réalise une assez bonne séance en roulant en 1'43'0. Pour ma part, je trouve toujours que la moto bouge beaucoup. Je m'arrête pour modifier les réglages. Après ces ajustements, le comportement de la moto me convient davantage, mais j'ai tout de même du mal à améliorer mes chronos. Je termine la séance en 1'43'5, un peu déçu. Julien ne fait pas mieux, 1'43'6. Cela nous place tout de même à la 8ème position au scratch et la 2ème de notre catégorie, mais nous avons 1 seconde pleine de retard sur les leaders Stocksport (la numéro 33). Le comportement de la moto ne nous convient toujours pas complètement et il faudra régler le problème avant la course.

Vendredi : essais qualificatifs n°2

Nous continuons les ajustements, Baptiste est plus rapide que la veille, mais gêné dans tout ses tours chrono, il ne pourra améliorer. Lors de ma séance, je trouve les derniers ajustements beaucoup mieux et je peux me lâcher plus facilement. Avec mon pneu neuf j'ai la chance d'avoir quelques tours à peu près clairs (nous sommes 55 sur la piste, c'est donc parfois compliqué). Malgré ces petites gênes et quelques erreurs de ma part ; et oui quand on a un tour sans pilote à doubler, on a tendance à vouloir trop en faire... ; je réalise un 1'42'7. Julien réalise quant à lui une super séance avec un chrono de 1'42'1. Notre moyenne est donc en nette progression, mais pas notre place. En revanche nous nous sommes rapprochés à 2 dixièmes de la meilleure Stocksport. Nous partirons 8ème sur la grille de départ. Suite aux qualifications, nos principaux concurrents sont, comme on pouvait s'y attendre, la n°33 (Louit Moto avec notamment Loris Baz et Jéremy Guarnoni), la n°50 (Motors Event avec Guillaume Dietrich, Fred Moreira et Mickaël Savary) et avec un peu plus d'écart les n°110 et 67.

Samedi : course

Après le warm up, nous décidons (le team manager et les 3 pilotes) que ce sera moi qui prendrai le départ. Le temps à l'air plutôt clément et devrait le rester (d'après la météo) jusque dans la nuit. Je suis plutôt confiant, car je suis dans un bon rythme depuis le début du week-end et même ce matin au warm up en condition de course ! Prendre le départ d'une course de 24H est toujours un moment intense dans une vie de pilote. En effet, la foule amassée dans le dos est impressionnante. La moto qui vous fait face de l'autre côté de la piste fixe de son regard la ligne de départ comme un faucon prêt à l'envol. Et que dire de cette ligne formée par les 55 pilotes, tous les yeux rivés sur un objectif : le directeur de course et son drapeau national, guettant son moindre mouvement de bras pour s'élancer sur la moto ! Cette procédure aussi longue qu'intense, est cette année bien agrémentée par le ciel capricieux qui a décidé de déverser quelques gouttes histoire de pimenter, si besoin en est, le départ !

C'est donc avec un peu de pression que je m'aligne aux 54 autres pilotes, en face de ma moto. Le directeur de course agite son drapeau et je me précipite sur la numéro 72. Je me jette dessus, mets le contact et c'est partit ! Je suis l'un des 1ers à m'élancer ! Mais je ne suis pas très à l'aise dans ces conditions mouillées, conditions dans lesquelles je n'ai pas roulé depuis l'an dernier. Je réalise donc un début de course prudent et perds le bénéfice de mon bon départ ; 6ème au 1er virage, 9ème au 1er tour et progressivement mes concurrents me dépassent. Je descends même jusqu'à la 20ème position. Puis après quelques tours je prends mes marques et me mets dans un rythme plus raisonnable. Certains pilotes, moins prudents partent à la faute, c'est notamment le cas d'un de nos plus sérieux adversaires, la numéro 50 ! Je manque même de me faire embarquer au freinage d'Adélaïde où 3 pilotes se percutent, j'entends derrière moi ce bruit désagréable de carénage râpant le sol ! A ce moment, je crois que j'ai simplement fermé les yeux, serré les épaules et attendu d'avoir passé le virage avant de me décontracter ... La piste commence à sécher, mon rythme progresse et je remonte quelques pilotes qui m'ont dépassé. A la fin du relais, la piste est quasiment sèche et quand on me panneaute de rentrer au box, je sais déjà que je vais indiquer aux mécanos de faire repartir Julien en pneus slicks. Je rends la moto en 12ème position au scratch et 2ème en stock.

Julien et Baptiste réalisent tous les deux un bon relais dans des conditions sèches, nous remontons en 9 position au scratch mais sommes toujours à un tour du leader de notre catégorie qui est la n°33. A 18h vient à nouveau mon tour ! Content de rouler sur le sec, j'entame ce relais avec l'envie de remonter ! Mais dès mon tour de lancement quelques gouttes apparaissent et m'empêche de prendre un bon rythme de suite. Puis voyant que le grip reste bon, j'améliore mes chronos. Les fines gouttes persistent par moment, malgré ça je parviens à être régulier en petit 1'44. C'est le rythme qu'il faut tenir si l'on souhaite remonter progressivement sur nos concurrents. C'est alors que j'aperçois dans le bac Loris Baz, pilote de la 33, nous passons donc en tête de la catégorie. Alors qu'il me reste 10 tours à parcourir, le ciel devient vraiment noir et les gouttes s'intensifient. La piste devient très piégeuse et je baisse considérablement les chronos. Je prends soin de me mettre derrière un pilote qui ne me fait pas perdre trop de temps, ce qui me laisse une marge de manoeuvre si je le vois glisser. A 3 tours de la fin du relais, le vent se lève d'un coup et alors que je rentre dans la 1ère courbe, une grosse averse s'abat sur nous ! Le virage suivant déjà 2 pilotes sont au tapis. Je termine ce tour «sur des oeufs» en 2'19 mais ramène la moto en un seul morceau contrairement à 6 pilotes qui se sont fait piéger dans ce tour !

Julien et Baptiste réalisent encore de bons relais et creusent l'écart sur nos poursuivants. La 33, suite à sa chute a perdu pas mal de temps, de même que la 50, les autres équipages étant un peu moins rapides, cela nous permet de nous mettre à l'abri. Vers 20h30 je prends à nouveau la moto, alors que la nuit vient de s'abattre sur le circuit Nivernais qui a eu le temps de sécher depuis la dernière averse. Les repères sont délicats à trouver car certaines parties ne sont pas très bien éclairées. Il est donc facile de commettre des erreurs. Avec l'avance que l'on a, il ne faut pas s'enflammer, je m'efforce donc à maintenir des chronos en 1'45 afin de continuer la lancée de mes coéquipiers. Mais après quelques tours, un nouveau rebondissement : une moto devant moi casse un moteur, alors que les deux pilotes qui me précèdent chutent, j'évite de justesse de tâter le bitume en tirant tout droit. Un ou deux autres pilotes derrière moi se font également surprendre et c'est la sortie du safety car. S'en suit une attente de quelques tours, le temps de nettoyer la piste et pour couronner le tout la pluie refait son apparition. Pas suffisamment pour passer des pneus pluie, mais suffisamment pour rendre la procédure de safety car qui se termine très délicate ! En effet nos pneus slicks ont passé 15 minutes à refroidir et les refaire chauffer par 5°, de nuit, avec quelques gouttes de pluie est une mission difficile. Je me relance donc de façon prudente puis augmente le rythme jusqu'à la fin de mon relais.

Je laisse donc le guidon à Julien. Tout s'enchaine vraiment bien jusque là puisque nous comptons désormais 3 tours d'avance sur notre plus proche rival en Stock. Trop bien peut être ! Puisque le speaker annonce un concurrent en panne sur le circuit. C'est bien nous et Julien ramène la moto à la poussette pendant près de 10 minutes. Tout ça pour un fusible grillé ! Les mécanos réparent ça en deux temps trois mouvements et nous sommes repartis. Evidemment, nous avons perdu notre place de leader et sommes désormais 3ème à 4 tours. A 23h30, je me prépare pour mon 4ème relais quand notre moto est de nouveau annoncée en panne. Baptiste rentre et le verdict est ce coup-ci sans appel : moteur cassé ! Cela jette un froid énorme, car c'est très rare sur cette Suzuki qui est vraiment la référence en endurance et surtout car nous faisions une course quasi parfaite où nous pensions passer entre les gouttes ... mais la réalité est là il faut l'admettre et baisser le rideau du box et déclarer l'abandon !

Conclusion

Depuis le début des essais avec le Junior, tout se passait très bien ! De bons chronos d'emblée, une moto avec une très bonne base ! Une équipe prête, aucune chute. Des essais et des qualifs très corrects. Un début de course parfait et alors que nous n'avons commis aucune erreur, la mécanique nous a trahit. C'est dur, mais ça arrive, la roue tourne ! Celle du Junior et la mienne tarde un peu à tourner ; pour mon 5ème bol, c'est le 4ème abandon, la seule fois que j'ai terminé le bol, c'était en 2009 à la 19ème place suite à un crash au deuxième tour qui nous a fait perdre 45 minutes... ! Il y a quand même du positif, nous étions parmi les plus rapides à la fois sur la piste et dans les stands. Nous avons fait un très beau début de course et surtout nous avons montré que nous avions le niveau pour remporter cette catégorie. Chose que l'on aura à coeur de prouver aux 24H du mans en Septembre. En tout cas je souhaite vraiment remercier tous les mécanos qui se sont investit énormément dans la préparation de cette course. Leur travail n'est pas récompensé, mais nul doute qu'il le sera au cours de la saison à venir ! Alors voilà : BRAVO LES GARS et merci pour tout ! Un grand merci également à Damien pour son implication et son professionnalisme ! Merci également à Marinette et Dany qui ont passé tout le week-end à nous préparer de bons petits plats pour que l'on soit en forme en course et tous les autres membres du Junior qui nous ont accompagné durant cette semaine : Seb et Maille les kinés sympas et efficaces, Charly, Aurélie, etc...

cedric tangre junior team bol d or 2012

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Bol d'Or Cédric Tangre Junior Team Suzuki LMS Suzuki

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